Patterns in the Ivy

Dionée pointillée

Dionée

J'ai une longue histoire personnelle avec les plantes carnivores, mais étrangement j'en ai rarement dessiné. Ou plutôt, j'ai souvent essayé à la va-vite, mais leurs formes complexes et leurs courbes raffinées demandent bien plus d'attention que ça.

Il a fallu que ma plus jeune sœur me demande "un petit dessin de dionée" pour ses 20 ans pour que je m'y mette sérieusement… Je me suis aussi souvenu qu'elle avait des projets de tatouage. Je ne savais pas au début si c'était le but de ce dessin (après vérification, si :) Mais il faudra sans doute le simplifier un peu), dans tous les cas ça m'a fait partir sur ce style des pointillés que j'avais déjà essayé quelques fois.

Dionée

C'était chouette à faire et je suis bien content du résultat. Et puis, malgré le grand écart d'âge et un vécu forcément différent, c'est bon de savoir que ma sœur aussi ressent une connexion particulière avec ce sujet.

Joyeux anniversaire A. !

Carte de vœux 2018

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Martin-pêcheur d'Europe. Linogravure à 4 plaques. 10 x 15 cm.

2018-01-15_kingfisher_doodle.jpgPour l'édition 2018 de la carte de vœux linogravée (les années précédentes : 2015, 2016, 2017), je n'ai pas choisi de motif particulièrement hivernal. J'ai repris un minuscule dessin que j'avais fait pendant une réunion pourvue de quelques feutres de couleurs (on s'amuse bien quand on fait du développement agile). Comme il y avait des feutres bleu et orange et que je suis toujours plus ou moins dans ma période "oiseaux", ça a donné ce petit martin-pêcheur, un oiseau que je n'ai jamais eu la chance de voir en vrai.

Je l'ai redessiné en plus grand format et au trait, en retravaillant notamment ce fond ondulé dans une veine japonisante/Art nouveau. Et puis j'ai appliqué mes recettes habituelles de préparation de gravure multicolore : scan, coloriage par aplats à l'ordinateur, impression, puis report des contours de chaque couleur sur lino au papier carbone.

Sans oublier d'ajouter des repères pour assurer une bonne superposition des couches à l'impression. J'ai mis à profit les tâtonnements des fois précédentes et laissé tombé l'impression à la presse qui pour ce genre de gravure introduit plus de problèmes qu'elle n'en résout, et cette année ça s'est très bien passé. Alors que j'avais souvent un grand taux de rebut à cause de décalages trop importants, cette fois-ci tous les tirages sont parfaitement calés ! Chacun reste légèrement différent, avec des imperfections sur une ou deux couleurs, mais globalement je crois que c'est la meilleure série multi-couche que j'obtiens depuis que je grave (à l'exception peut-être de la Ivy aux capucines, mais c'était de la gomme, pas du lino, et il n'y avait que deux couches).

Bref, je suis très satisfait de l'édition 2018. Ça s'est si bien passé et je tenais tellement le rythme des impressions, que j'en ai fait encore plus que d'habitude. Autant de personnes en plus à qui les envoyer. Et si je me décide enfin un jour à vendre certaines gravures, je pense que je commence à être rôdé !

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Une vraie production industrielle !

Je souhaite à chacun·e une excellente année 2018 !

Débuts en taille-douce

Faucon pélerin, eau-forte et aquatinte.

Ça fait déjà un bon moment maintenant que je pratique la linogravure. Je continue régulièrement parce que c'est facile et que je suis à l'aise avec cette technique, mais ça m'a aussi donné envie d'explorer d'autres procédés de gravure. J'ai eu l'occasion d'essayer le bois (il faudrait que je reprenne, notamment sur bois de bout avec les techniques japonaises), mais c'était surtout la taille-douce qui m'attirait. En gros, toutes les techniques de gravure sur metal, en creux, contrairement à la lino et au bois.

Comme d'habitude, j'ai essayé en auto-didacte. Après tout, ça s'était bien passé pour la lino. J'ai acheté une petite plaque de cuivre et une pointe sèche, j'ai gratouillé un dessin, la reproduction de l'un de ceux que j'avais fait pour Inktober 2016, et je l'ai imprimé avec une petite presse personnelle, en essayant d'appliquer tout ce que j'avais lu et vu sur le sujet. Voilà ce que ça a donné.

Mon tout premier essai, pour la postérité.

Pour une toute première fois, j'étais content du résultat, je m'attendais à franchement pire. Mais j'ai vite déchanté. Au lieu de s'améliorer, les tirages suivants ne cessaient de se dégrader. La presse patinait, ça restait sale, j'avais toujours trop ou trop peu d'encre sur la plaque à la fin, et la gravure s'émoussait très vite. Finalement, je l'ai rayée en essayant de la regraver plus profond ensuite. Fin du premier essai. J'en ai refait un autre peu de temps après, un dessin plus élaboré qui donne une très jolie plaque de cuivre, mais je n'ai jamais réussi à en tirer une seule impression correcte malgré mes soins.

La conclusion était claire et peu surprenante : la taille-douce s'apprend difficilement tout seul. Les gestes et les savoirs qu'elle requiert sont autrement plus nombreux et subtils que la lino, où il est assez intuitif de comprendre ce qui cloche. Bref, il était temps d'apprendre au contact d'une personne qui sait.

Après une tentative manquée de m'inscrire à un atelier hebdomadaire aux ateliers Beaux-arts de la ville de Paris, j'ai finalement fait deux journées de stage au charmant petit atelier Sobre Papel à Vincennes, avec une graveuse professionnelle. Le but était de découvrir en deux séances les bases de la pointe sèche (ce que j'avais essayé dans mon coin donc), mais aussi de l'eau-forte et de l'aquatinte. Des techniques de gravure indirectes à l'acide qui m'avaient toujours fasciné, et que j'étais heureux de tester dans un atelier et pas dans ma salle de bains :)

Ces stages étaient intenses et absolument géniaux. Comme je le pressentais, la quantité de choses à apprendre et de détails qui comptent pour un beau résultat est assez folle. Profondeur et densité de la gravure, polissage de la plaque, texture et humidité du papier, viscosité de l'encre, encrage uniforme, propreté des blancs, réglage de la presse, etc. Plus des histoires de vernis, de timing et de manipulation pour les techniques à base d'acide. C'était un énorme plaisir de découvrir tout ça en si peu de temps. De mieux comprendre des gestes que j'avais déjà vus et surtout d'avoir de nouveaux feelings au bout des doigts (en plus des taches d'encre :)).

Plaque encrée et nettoyée, juste avant le passage sous presse.

Pendant la première séance, nous avons réalisé en parallèle une pointe-sèche et une eau-forte au trait (gravure sur vernis puis morsure à l'acide des traits où le vernis a disparu). J'avais toujours trouvé ces techniques assez incroyables de précision, et c'est complètement fou de le constater sur l'un de ses propres dessins.

Faucon pélerin, eau-forte. (Normalement c'est pas flou sur les bords mais mon scanner a apparemment eu du mal avec la belle dépression dans le papier due à la pression de la plaque)

La seconde séance a consisté à reprendre la plaque d'eau-forte de la première et à lui appliquer trois passes d'aquatinte. On crée un grainage ultra-fin sur la plaque à base de résine en poudre, puis on travaille des zones grises du clair vers le foncé, en plusieurs couches de vernis et bains d'acide… Misère que c'est difficile à expliquer !

La plaque après le traitement à l'aquatinte. On voit bien divers textures qui ressortiront comme autant de niveaux de gris.

Le résultat final est celui en début d'article. J'ai adoré le voir sortir de la presse, mais je ne peux pas m'empêcher de voir tous ses problèmes. J'ai été quelque peu pris au dépourvu par la complexité du processus de l'aquatinte : planifier les niveaux de gris à l'avance et penser leur exécution "à l'envers". Dans la confusion des couches de vernis qui masquaient de plus en plus le trait originel, j'ai perdu les feuillages et j'ai fait n'importe quoi sur la branche. Mais je ne perds pas de vue que c'était un tout premier essai, en temps assez limité, pour découvrir la technique. Maintenant que je vois comment tout ça fonctionne, je n'ai plus qu'à me lancer dans de nouvelles gravures, chez moi ou à l'atelier. Vivement la prochaine !

En bonus, le dessin au stylo que j'avais fait comme modèle pour le stage.

Rattrapage des derniers mois

Petite compil de quelques dessins des derniers mois, que j'ai eu la flemme de poster ici au fur et à mesure.

Sinon, j'ai aussi commencé des stages de gravure en taille-douce (en creux, sur plaque de métal, par opposition à ce que j'ai fait pour l'instant en lino), mais j'en parlerai une autre fois.

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J'ai continué à peindre mon mobilier. Dans la foulée de mon premier test d'acrylique, j'ai peint cette Ivy sur un vieux tabouret en métal tout destroy ramassé dans la rue il y a quelques années.
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Un milan royal, un faucon pélerin et une buse variable, dessinés un peu à l'arrache sous la tente pendant mes dernières vacances. Ils illustrent un texte à propos de ces rapaces sur mon autre blog.
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Encore un faucon pélerin, fait le soir du 1er octobre quand je pensais pourquoi pas refaire Inktober cette année. Finalement, cela aura été ma seule contribution :) J'hésite à en faire un pochoir, ça passerait sans doute très bien.
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Pour finir, un petit dessin rapide et prétexte à juste imaginer une Aislinn, une Deirdre et une Siobhan, trois prénoms irlandais que j'adore. Laquelle est qui est très clair pour moi sur cette image, mais j'imagine que ça dépend des références de chacun⋅e.

Dégradé d'hortensias

D'habitude, quand je passe un séjour en Bretagne, j'ai toujours du beau temps. Cette fois-ci c'était pluvieux et gris toute la semaine. Pourtant, la région entière resplendissait de la floraison de ses haies et plates-bandes, les hortensias en particulier imposant leur volume et la variété folle de leurs teintes. Il semblait que toutes les nuances de bleu et de rouge existaient, des plus légères aux plus profondes, ce que j'ai tenté de vérifier en prenant quelques photos.

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Dégradé d'hortensias

J'ai pensé à un moment automatiser ça. J'aurais extrait la couleur dominante de chaque image, construit la grille des dégradés par interpolation à partir de ses valeurs extrêmes, puis essayé d'attribuer pour chaque case l'image correspondant le mieux… Mais penser ces étapes était plus fun que de les coder vraiment, alors j'ai fait ce dégradé à la main. Et "à l'œil" donc :)

Test d'acrylique sur bois

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Ma toute première peinture à l'acrylique ! Sur le support le plus noble qui soit : le couvercle de mon panier à un linge sale. Si si, la preuve :

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Vous avez échappé à la mise en scène à base de chaussettes sales.

C'est toujours chouette de faire de la déco, mais surtout ça fait quelque temps que j'ai envie de me mettre vraiment à la peinture, pour des choses plus colorées sur des plus grands formats, notamment du bois. Alors il faut que je fasse des tests. Ce couvercle que j'avais bricolé avec du contreplaqué de récup faisait bien l'affaire. J'ai ainsi pu tâter un peu de l'acrylique, du medium, du gesso transparent, du vernis satiné, et de toutes leurs propriétés capricieuses.

Pour le dessin lui-même, pas grand chose à dire, c'est plutôt un non-sujet. Mais d'habitude je fais plutôt du trait et de l'ornemental, rien que d'avoir un fond à remplir changeait plein de choses (et j'aurais dû le travailler plus). J'aime bien les couleurs, même s'il faudra que j'apprenne à rendre tout ça moins flashy pour d'autres sujets. Sinon je suis pas trop content de la compo pour plein de raisons : ces trois fleurs de cyclamens trop alignées, cette fougère qui tombe bêtement en plein milieu, cette tige de digitale qui coïncide avec un sommet du polygone… C'est le genre de trucs qui arrive presque toujours en improvisant. Mais bon, il n'y a rien de grave, ça reste un panier de linge sale :)

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Modèles vivants - 2

Deuxième série de dessins issus des séances de nu, après quelques semaines de plus.

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Toujours plein de très chouettes poses, à chaque fois par des modèles différents. Dont pour la première fois un homme. J'essaye des trucs, pas toujours très concluants mais c'est le jeu. Je ne sais pas trop quoi penser par exemple de ces essais d'aquarelle. Globalement, je me surprends à préférer souvent les poses les plus courtes (5 minutes), voire même à les trouver un peu trop longues. Je tâche aussi de dessiner en plus grand format. Cela explique ces images de qualité douteuse, car les feuilles ne rentrent plus dans mon scanner, et ça ne vaut pas le coup de passer des heures à les retoucher. Ce sont donc de mauvaises photos dans une mauvaise lumière.

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Modèles vivants

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Même si j'avais souvent évoqué l'idée, je n'avais jamais tenté de véritable atelier de dessin d'après modèle vivant. Il y a bien eu les Dr. Sketchy que j'ai pratiqués pendant quelques années, mais c'est une expérience assez éloignée. Et j'ai arrêté depuis longtemps, lassé par plein de choses mais surtout par l'irrégularité et l'impression de stagner.

Depuis un mois, ce manque est réparé. Je passe maintenant mes mercredis soir dans un vieil atelier bien académique à dessiner des modèles nus. Ce sont des séances libres, sans prof, avec toujours les mêmes cadences de poses d'une semaine sur l'autre. C'est calme, difficile mais pas stressant, presque méditatif, et ça semble porter des fruits rapidement. Je me maudis de ne pas avoir tenté l'expérience plus tôt. Même si je ne me lâche pas encore beaucoup sur les techniques et les approches, je tente quand même des choses, je me confronte à de vieux blocages, et je suis souvent content de ce que j'obtiens. Je suis surtout curieux de voir quel effet cette pratique aura sur mes dessins en général.

Quelques extraits de mes quatre premières séances :

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Première séance
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Deuxième séance
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Troisième séance
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Quatrième séance

To be continued…

Carte de vœux 2017

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Il y a des tirages plus réussis, mais je les ai envoyés avant de penser à les scanner…

Pour ma carte de vœux en lino édition 2017, je voulais quelque chose de plus minimaliste que l'année dernière dans le rendu, tout en évoquant l'hiver de la manière la plus simple. Je me suis souvenu d'un vieux séjour à la montagne, où j'avais adoré découvrir le matin plein de traces de pas d'animaux dans la neige de la nuit. J'en ai tiré un dessin de renard, que j'ai converti en gravure à 4 plaques.

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Le dessin d'origine. On en est assez loin.

Si c'est toujours un grand plaisir d'envoyer ces gravures faites à la main, je ne suis pas très content de celle-ci. D'ailleurs, je n'ai pas réussi à en imprimer autant que les précédentes. J'ai peu dessiné en 2016, presque pas gravé, et vécu une fin d'année triste et éprouvante, je crois que cela se ressent dans cette carte. Plus qu'à faire en sorte que 2017 soit plus fructueuse.

Inktober 2016

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Complètement dans le désordre de leur date de réalisation.

Cette année j'ai participé à Inktober, événement qui invite les dessinateurs à réaliser un dessin à l'encre par jour pendant 1 mois. Même si j'ai décidé de ne pas suivre les thèmes suggérés, l'expérience m'a rappelé le défi dessin de Hellgy que j'avais relevé en 2014, avec ses bons côtés (déjà simplement dessiner !) et ses frustrations. Parmi celles-ci, mon incapacité à rendre le truc un peu spontané, à improviser direct à l'encre quand un petit quart d'heure libre se présente. Je ne peux pas m'empêcher de faire des choses compliquées, qui prennent du temps… que je n'avais pas toujours ce mois-ci. C'est pourquoi il manque quelques jours.

Mais à côté de cela, ce fut l'occasion parfaite d'expérimenter plein de choses, de faire des études pour des projets plus gros, et d'explorer quelques thèmes qui traînaient dans ma todo list depuis plusieurs années parfois (ex: le Berger et la Ramoneuse, le joueur de flûte inachevé, la Jeune fille et la Mort). Et j'avoue que ces quelques pages successives dans mon carnet ont belle allure.

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